Eté 2016
« Sur un plan intérieur, quand j’ai commencé les cours, je croyais avoir cicatrisé beaucoup de choses. Je me suis rendue compte en venant aux séances qu’il y avait des blessures à vif. Au fil des séances, je me suis rendue compte que je pouvais m’apaiser toute seule et c’est là où j’ai gagné énormément. C’est un processus intérieur conscient et j’ai appris à fonctionner et à pouvoir poser un regard intérieur sur ce que je vis, et pouvoir faire la part des choses. Aujourd’hui, je peux vivre une grande souffrance, mais j’ai appris à parler avec elle, à dialoguer, à prendre du temps avec elle. Elle ne disparait pas pour autant, mais je peux vivre avec elle dans l’instant, et parfois même la garder plus longtemps. Par exemple quand j’avais mal au dos, tout se crispait, se rapetissait à l’intérieur de moi et devenais amertume; maintenant, je peux faire différemment et c’est là qu’intervient la pleine conscience. J’ai passé un été très vivant, avec beaucoup de douleur, mais je repartais et je continuais à vivre. Je suis restée alitée quelques jours parce qu’il le fallait, mais j’ai recommencé à marcher, je n’ai pas renoncé. J’ai aussi discuté avec la physio de ce que l’on pouvait faire, alors qu’avant je me serais laissée faire. Je ne peux pas nier que j’ai mal, ce n’est plus une prise de tête, c’est. La douleur me ralentit physiquement et mentalement, c’est probablement aussi les médicaments, mais maintenant je suis comme cela et j’aime cette Inga J’ai beaucoup moins de frustration, maintenant je vais jusqu’où mon corps peut aller. J’ai appris à prendre le temps, à me mettre à l’aise, à m’installer bien. J’ai désiré vouloir aller un peu plus loin et mon médecin a refusé et j’ai éclaté de rire, j’ai beaucoup d’humour à l’intérieur de moi. Je suis allée en pèlerinage un week-end et le prêtre a dit que l’on peut avoir des cicatrices et vivre dans la joie et c’est ce que je sens maintenant. Je n’ai plus de blessure psychique, et les blessures physiques sont encore là, mais elles se sont transformées. J’ai encore des insomnies en raison des douleurs, mais cela ne me pose plus de problèmes, je vais méditer, lire, prier et je sais que je pourrai faire ma journée le lendemain. Maintenant j’ai des outils. Ce qui était bien entre l’alternance des groupes et du travail individuel c’est que l’on pouvait partager des ressemblances de problématiques, ce qui me permettait de travailler des choses découvertes grâce au groupe et je pouvais les travailler ensuite en individuel. J’ai trouvé aussi une façon de me re-approprier l’outil et la méditation qui me correspond bien. Ce qui m’a marqué et beaucoup aidée, c’est votre coté bienveillant et apaisant qui m’a permis d’apaiser mes blessures et d’acquérir des compétences. Cela a aussi transformé ma relation aux autres, aussi dans les aspects professionnels. Prendre le temps. La méditation m’a permis de reprendre ma vie de prière. Si je n’arrive pas à prier, je suis contente de pouvoir méditer. Je me suis engagée dans des activités physiques, ce qui est difficile car la douleurs peut revenir. Je réussis à ne plus tout prendre des charges familiales et je remets les responsabilités à chacun. C’est aussi vrai professionnellement. Je n’avais plus de plaisir. Et cet été j’ai décidé d’avoir des plaisirs et j’ai pris ces plaisirs et ils se sont décuplés. Mon fonctionnement a bien changé. J’ai repris une autre qualité de contact avec mon corps et je n’hésite plus à faire des choses qui me font du bien. C’est parti pour une autre Inga, je vois beaucoup de choses qui me touchent et qui ont changé. La bienveillance est très importante. Je suis fière de moi et je n’avais pas imaginé faire ce chemin là en si peu de temps. »
Publié en février 2017.
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