Printemps 2016

 » Maintenant, je médite tous les jours au moins une fois, parfois plus. Je me suis aperçue que parfois je fais quelque chose et je suis en pleine conscience. J’ai l’impression que la méditation vient naturellement. J’ai mieux saisi le sens de la méditation la fois où nous sommes allées marcher ensemble. J’ai beaucoup médité ces derniers temps, et quand je me suis sentie angoissée, j’ai augmenté mes méditations, et mes peurs sont parties. J’ai peur de l’avion, et durant mon dernier trajet en avion il y avait beaucoup de turbulences, et j’ai senti la panique arriver. Je me suis mise en méditation et cela m’a aidée. J’avais peur, mais je n’étais pas en panique. La méditation est plus facile quand je ne suis pas envahie par des stress du quotidien. L’autre jour, j’ai reçu tous ces courriers importants et cela m’a beaucoup stressée; j’ai senti toutes les tensions remonter. Le soir je n’ai pas réussi à méditer, mais le lendemain je l’ai fait. La tension est descendue sans que cela disparaisse. J’avais le sentiment que ma tension était plus basse, mais j’avais de la peine à faire partir mes douleurs corporelles. Je m’appuie beaucoup sur la nature pour méditer, et cela m’apaise, un ciel étoilé, l’herbe, les arbres, les fleurs, en ce moment il y en a beaucoup. Cela me donne un sentiment de plénitude. Pour moi, les séances étaient un moment d’échapper au stress, un moment de calme, un moment pour moi. J’ai l’impression que cela me permet de prendre le temps, ne pas regarder l’heure, c’est quelque chose que je retrouve un peu dans les méditations ici dans le quotidien. Pendant la méditation, l’importance des choses change. Cela m’a permis de prendre conscience de ma surdité que j’ai cachée pendant longtemps. Maintenant je commence à l’accepter, et à en parler avec mon entourage. C’est une grosse difficulté et je me suis isolée avec cela. Les cours m’ont aidée à commencer à l’accepter. Cela m’a aidée aussi à être moins agressive dans les  situations où je ne comprends pas. Par rapport à mon métier aussi j’étais dans une démarche où je voulais à tout prix camoufler ma surdité. Maintenant je commence à en parler, dans ma famille, chez des amis. C’était tellement rentré dans ma tête, c’était comme un automatisme de cacher le fait que je n’entendais pas. Je l’ai observé, je m’en rends compte et j’essaie d’agir. Dans ma famille et mon cercle d’amis, j’ose maintenant dire mon handicap et demander de répéter quand je n’ai pas compris. Dans un autre contexte, je ne suis pas encore prête à le faire. J’ai encore peur du regard des autres et d’être jugée comme n’ayant pas toutes mes capacités. « 

Publié en novembre 2016
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